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A selection of lyrics from the albums               

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Les Désaxés
Nostalgiques d’un temps
Qu’ils n’ont jamais connu,
Ils arpentent en chantant
Des chansons dans les rues
Inconnues.
Ils ont à peine vingt ans,
Peu de filles connu,
Sans doute bien souvent
Puceaux ou malotrus,
Mais sans vertu.
Dans leur regard d’enfant
Ils sont déjà déçus
Comme sous le poids des ans
Comme des vieillards perdus
Qui ont trop vécu.
Les désaxés, les désaxés.
Leurs idoles sont Gainsbourg
Ferré, Vian, Barbara,
Prévert ou Aznavour,
Dutronc ou Jean Ferrat,
Etcétéra...
 
Ils croient en des amours
Qu’ils ne connaîtront pas
Qui chacun tour à tour
Se sont éteints déjà.
Alléluia.
Ils dorment tout le jour
Pour sortir de leurs draps
En charmants troubadours
Lorsque la nuit est là
Dans Paris ingrat.
Les désaxés, les désaxés.
De bistros en bistros,
Ils mangent au petit Vatel
Ou dans de grands restaus
Pour chanter Temporelle
Ou du Brel.
Ils vont aux Deux Magots
Parler de la vague nouvelle,
De Jean Eustache et Truffaut,
D’Alexandre et Doinel
Et de Michel.
 
Ils rejettent en gros
La culture officielle,
Les chanteurs populos
Paradis ou Bruel,
L’art industriel.
Les désaxés, les désaxés.
Du «show-biz de mes deux»,
Ils refusent la foire;
Ce sont de vrais messieurs
Qui ne pensent qu’à boire
Sans espoir.
Ils ne sont pas de ceux
Qui comme des bœufs vont voir
Un film comme le Grand Bleu
Pour se noyer un soir
Dans leur baignoire.
Les voilà, ce sont eux
Surgis de la mémoire
Qui rejoignent des vieux
En voyant dans le noir
Un film de Renoir.
 
Les désaxés, les désaxés.
 
Ils naviguent dans la nuit
De bar en décadence,
Attendent avec ennui
Sommeil et nonchalance,
L’ambulance.
 
Ils vont au Old Navy
Avant que le jour commence
Y découvrir la vie
Et écouter «l’Enfance»
De Brel en transes.
Puis s’en vont saouls et gris
Dans le soleil qui danse
Pour rejoindre leur lit
Au petit bonheur la chance,
Seuls et en silence.
Les désaxés, les désaxés.
Les désaxés, les désaxés.
 
P. HEUILLARD

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Viens à Paris

Au bois de Boulogne
C'est des charognes
Et à Vincennes,
Ce sont des chiennes
Je cherche au hasard une femme dans la nuit
Qui puisse me faire oublier mes soucis.
Mais à St. Cloud
Elles ont des poux,
Et à Pigalle
Elles sont toutes sales.
Mais il paraît que dans la rue Blondel,
Y'en a des chères et y en a des belles,
Qu'à Mogador ca va, encore.
 
Viens à Paris,
C'est du sport,
Faut que tu sois fort.
Viens à Paris
T'entraîner,
Eliminer.
Viens aux jeux olympiques
Des positions et de la nique.
Viens à Paris
Et heureux,
Tremper ta queue,
Et encore si tu veux,
Viens à Paris
Battre des records
En corps à corps.
Mais avenue Foch,
Elles sont toutes moches,
Et Bonne Nouvelle,
C'est des poubelles.
Je croque des yeux les jambes résille
Et je respire des parfums vanille.
Cours de Vincennes,
C'est des anciennes,
Et sur les Champs,
Elles ont plus de dents,
Mais il paraît que dans la rue Blondel,
Y'en a des chères et y'en a des belles,
Qu'à Mogador ça va, encore.
Viens à Paris
T'éclater,
Ejaculer.
Viens à Paris
Que c'est bon
Pour le frisson.
Viens dans les baisodromes
De la Coupole ou celui du Dôme.
Viens à Paris
Et heureux,
Tremper ta queue,
Et encore si tu veux,
Viens à Paris
Te choper des maladies.
Rue de la Gaîté,
C'est du passé,
Et rue Vavin,
Il n'y a plus rien.
Je recherche les cités féminines
Et les océans d'épaisses poitrines.
Rue des Lombards,
C'est bien trop tard,
Et rue de Chalon,
J'ai peur, c'est con.
Mais il paraît que dans la rue Blondel,
Y'en a des chères et y'en a des belles,
Qu'à Mogador ça va, encore.
Viens à Paris
Trincer l'oeil
Gratuit, à l'oeil.
Viens à Paris,
Viens flâner
Dansl les quartiers.
Viens au supermusée
Des horreurs et curiosités.
Viens à Paris
Et heureux,
Tremper ta queue,
Et encore si tu veux,
Viens à Paris
Oublier,
Tromper l'ennui.
 
Rue de Budapest,
Si il en reste.
Près de la Madeleine,
C'est pas la peine.
Qu'il neige, qu'il grêle, qu'il pleuve ou bien qu'il vent,
Je poursuis les phantasmes qui me hantent.
A Clignancourt,
Cent francs l'amour,
Rue Saint-Denis,
C'est les bas prix.
Mais il paraît que dans la rue Blondel,
Y'en a des chères et y'en a des belles,
Qu'à Mogador, ça va, encore.
 
Fais à Paris
Ton shopping,
Ton lèche-vitrines.
Viens à Paris
Faire tes courses,
Vider tes bourses.
Viens au supermarché
De la viande fraîche et du surbaisé.
Viens à Paris
Et heureux,
Tremper ta queue,
Et encore si tu veux,
Viens à Paris
Foutre en l'air Tout ton salaire.

P. HEUILLARD

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Andrea

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Elle parfume ses lits d'insomnies
Qui naissent au matin dans les bras
Des amants éperdument épris
D'Andrea
 
Elle se fait offrir des garde-robes
Qu'un amant paie en carte visa
Mais déjà un autre lui dérobe
Andrea.
 
Elle se fait payer repas et pimms
Par celui-ci ou bien celui-là
A la Rotonde et puis chez Maxim's,
Andrea.
 
Elle montre ses yeux de femme mûre,
Hypnotisés par son cinéma,
Ils restent le regard fixé sur
Andrea.
 
Elle passe ses soirées au théâtre,
Au Palais Garnier, à l'opéra,
En compagnie d'hommes acariâtres,
Andrea.
 
Elle chasse parmi les vieux milords,
Mais il peut arriver quelques fois
Qu'un jeune fauché s'offre le corps
D'Andrea.
 
Et amoureuse comme le vent
De celui-ci ou de celui-là,
Elle s'abandonne facilement,
Andrea.

P. HEUILLARD

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